David contre Goliath : comment investir en bourse en tant que particulier ?10 min de lecture

Pour survivre en mer, mieux vaut éviter de nager avec les requins.
22 août 2019

En bourse, lorsque quelqu’un gagne de l’argent, c’est généralement au détriment de quelqu’un d’autre. Cela s’apparente à un jeu à somme nulle. Et pour gagner sur les marchés financiers, il vaut mieux miser sur ses points forts et utiliser une stratégie qui vous procure un avantage par rapport à vos concurrents. Cet avantage sera très différent selon que vous êtes un particulier, une société de gestion avec des dizaines d’analystes financiers ou un hedge fund pouvant passer des ordres en moins d’une microseconde.

Chacun doit utiliser au mieux ses avantages comparatifs pour développer sa stratégie d’investissement. Vous allez me dire : quels avantages peut avoir un investisseur individuel face à ces professionnels ? Il y en a un certain nombre, et c’est ce que nous allons développer dans ce premier article.

Trouver Son Terrain de Chasse

Il y a environ 630 000 entreprises cotées en bourse dans le monde aujourd’hui et autant de possibilités d’investir son épargne. Cet univers d’investissement peut être segmenté selon différents critères :

  • Zone géographique : segmentation Pays développés/Pays émergents ou segmentation US/Europe/Asie.
  • Capitalisation boursière : La capitalisation boursière d’une société se calcule en multipliant le prix de l’action par le nombre d’action en circulation. On classe ensuite les entreprises selon leur taille dans différentes catégories. Par exemple, les États-Unis retiennent la classification suivante :
    • Large Cap : capitalisation boursière supérieure ou égale à $10 milliards
    • Mid Cap : capitalisation boursière entre $2 milliards et $10 milliards
    • Small Cap : capitalisation boursière entre $300 millions et $2 milliards
    • Micro Cap : capitalisation boursière entre $50 millions et $300 millions
    • Nano Cap : capitalisation boursière inférieure à $50 millions

Pour simplifier, on peut regrouper les catégories Small, Micro et Nano Cap dans la catégorie Small Cap. Les Large cap comme Apple, Walmart ou JP Morgan Chase font la une de l’actualité financière mais elles ne représentent qu’une infime partie de l’univers d’investissement. Les Small Cap sont la face cachée de l’iceberg : par exemple 75% des entreprises cotés aux États-Unis sont des Small Cap.

  • Secteur/Industrie : on peut classer les entreprises selon l’industrie ou le secteur dans lequel elles opèrent. On peut citer par exemple l’industrie pharmaceutique, l’industrie pétrolière, les services financiers ou l’industrie automobile.

Les investisseurs institutionnels comme les fonds de pensions, les hedge funds, les organismes de placements collectifs ou les compagnies d’assurance opèrent rarement sur l’ensemble de l’univers d’investissement. À cause de leur taille, de leur stratégie ou de leurs clients, ces investisseurs ont des contraintes particulières qui leur imposent d’investir uniquement sur un ou plusieurs segments.

A l’inverse, les investisseurs particuliers n’ont aucune contrainte et sont libres d’investir où ils le souhaitent. Nous profitons de cet avantage pour aller explorer le segment de l’univers le plus délaissé par les investisseurs : les Small Cap. Ce segment présente en effet de nombreux atouts pour les investisseurs particuliers :

  • En raison de leur manque de visibilité auprès des investisseurs, les Small Cap peuvent être parfois sous-évaluées. L’écart entre le prix de l’action d’une société et ses fondamentaux peut offrir une formidable opportunité dont les investisseurs individuels peuvent tirer parti.
  • Les Small Cap ont une couverture faible voire nulle par les analystes financiers et ne retiennent que très peu l’attention de Wall Street. Pour un investisseur individuel, cela signifie qu’il existe une plus forte probabilité que les entreprises à petite capitalisation soient mal évaluées par rapport aux Large Cap qui sont suivies par des centaines d’analystes.
  • La plupart des investisseurs institutionnels investissent rarement dans les Small-Cap car ces dernières sont trop petites pour absorber la capacité d’investissement de ces gros investisseurs. Cela donne un avantage aux investisseurs individuels qui peuvent repérer des entreprises sous-évaluées et intervenir en amont des investisseurs institutionnels. Et en général, lorsque les gros investisseurs s’intéressent à une petite entreprise, leurs montants d’investissement élevés poussent fortement le prix de l’action à la hausse.
  • Les Small Cap ont un potentiel de croissance plus élevé que les très grandes entreprises. En effet, il est plus difficile de doubler de taille lorsqu’on vaut déjà 20 milliards que lorsqu’on vaut 200 millions.

Pour ce qui est de la géographie et des industries, nous ne nous donnons aucune contrainte. Cela dit, nous concentrons davantage nos recherches sur les pays développés car les informations financières sur les entreprises de ces pays sont plus fiables et plus complètes.

Trouver Sa Méthode d’Investissement

Maintenant que nous avons déterminé à quel endroit chercher (notre univers d’investissement), essayons de trouver la méthode la plus adaptée pour investir lorsqu’on est un investisseur individuel. Généralement, les investisseurs emploient des approches qu’on peut regrouper en quatre grandes catégories :

  • Approche chartiste ou graphique : l’idée sous-jacente est de deviner les tendances du marché grâce à l’analyse technique. L’analyse technique ou graphique et l’étude des courbes de prix passées afin de détecter des signaux d’achat ou de vente à l’aide d’indicateurs. La stratégie la plus connue est la stratégie momentum qui consiste à suivre les tendances, à surfer sur la vague en quelque sorte.
  • Approche fondamentale : à partir de l’analyse comptable, stratégie, sectorielle l’investisseur tente d’évaluer une entreprise et/ou son potentiel de croissance. L’approche fondamentale peut mettre l’accent sur un aspect particulier de l’entreprise : son potentiel de croissance (approche Growth) ou sur sa valeur intrinsèque (approche Value)
  • Approche quantitative : l’idée est de limiter l’intervention humaine dans le processus d’investissement en utilisant des algorithmes : ce sont des règles systématiques qui déterminent les décisions d’investissement. Ces stratégies visent à réduire les biais cognitifs humains qui nuisent au processus de décision. Les algorithmes peuvent également servir accélérer la prise de décision (trading haute fréquence) ou à exploiter des données trop difficiles à analyser pour le cerveau humain (stratégies basées sur l’intelligence artificielle).
  • Arbitrage : l’approche vise à bénéficier d’une inefficience temporaire de marché. Une inefficience se traduit par un écart de prix entre la valeur théorique d’un actif et son cours coté sur le marché. Le rôle de l’arbitragiste consiste donc à prendre une position qui aura pour effet de normaliser la situation. Par exemple, l’entreprise ABC fait une offre d’achat sur l’entreprise XYZ pour 20 EUR. Juste après cette annonce, le prix de l’action XYZ passe de 10 à 19.50 EUR. Si l’acquisition de XYZ par ABC se réalise, on peut acheter aujourd’hui l’action de XYZ pour 19.50 EUR et les revendre à ABC quand l’acquisition est bouclée pour 20 EUR, encaissant ainsi un gain de 0.50 EUR par action. Le risque est évidemment que l’opération d’acquisition ne se fasse pas.

Bien que ces approches puissent avoir des avantages pour certains types d’investisseurs, la plupart d’entre elles ne sont pas vraiment adaptées pour un investisseur individuel. Prenons l’analyse chartiste ou graphique par exemple. En dehors de toutes considérations sur l’efficacité de ce type de stratégie, une personne ayant un emploi à plein temps ne pourra pas passer ses journées à pour placer des ordres d’achat ou de vente.

L’approche quantitative semble plus prometteuse de ce point de vue car une fois l’algorithme en place, il ne vous reste plus qu’à suivre les signaux. Mais soyons réalistes, même avec un doctorat en intelligence artificielle et en sachant coder en 5 langages informatiques différents, il y a peu de chance que vous puissiez rivaliser avec les plus grands hedge fund algorithmiques du monde. Il est également très peu probable que vous ayez les ressources suffisantes pour être le plus rapide à passer des ordres sur le marché.

L’arbitrage quant à lui présente d’autres problèmes pour l’investisseur individuel. En effet, le rendement généré par cette approche est souvent une accumulation de petits gains à court terme. L’investisseur individuel faisant face à une capacité d’investissement limitée et à des frais de transactions plus élevés que les investisseurs institutionnels, il a peu de chance de générer un rendement important avec cette stratégie. En plus de cela, cette stratégie nécessite souvent de traiter des instruments complexes négociés sur des marchés différents (options, futures…).

Reste alors l’analyse fondamentale. Cette approche de long terme nous semble particulièrement adaptée pour les investisseurs individuels. Voici quelques avantages :

  • Vous n’avez pas à vous soucier des fluctuations des marchés financiers à court terme. Du coup, vous dormez mieux la nuit et vous n’avez pas besoin de suivre votre portefeuille toute la journée.
  • Vous faîtes des économies de frais de transactions : lorsque vous prenez une décision d’investissement, c’est pour longtemps. Dans cette stratégie, pas besoin de passer des dizaines d’ordres d’achat et de vente par jours et de payer tous les frais de transactions associés.
  • Vous évitez les erreurs de timing et les erreurs liées aux prises de décisions émotionnelles. Il est très difficile voire impossible de prévoir les mouvements du marché à court terme, de déterminer le meilleur moment pour acheter ou vendre. Avec cette approche, vous n’avez pas à vous en soucier. Vous investissez lorsqu’il y a une opportunité intéressante et vous garder la position jusqu’à ce que cet investissement ne soit plus intéressant ou qu’il y en ait un autre plus intéressant.
  • Vous pouvez bénéficier pleinement des dividendes que versent les entreprises et de l’effet de composition associé en réinvestissant ces dividendes au fil du temps. Ceci vous permet de générer des rendements encore plus attractifs.
  • Vous pouvez tenir vos positions plus longtemps que la plupart des investisseurs institutionnels. En effet, une société de gestion ou un hedge fund doit rendre des comptes à ses clients tous les ans voire tous les mois. En général, si les rendements ne sont pas au rendez-vous rapidement, les clients retirent leur argent et la société de gestion va devoir vendre des positions (souvent au pire moment) pour rembourser les clients. Lorsque vous investissez pour vous-même, vous n’avez de comptes à rendre à personne et vous pouvez donc vous avoir quelques années difficiles en attendant de meilleures opportunités.

Comme nous l’avons vu précédemment, l’analyse fondamentale peut s’effectuer dans une optique Growth ou Value. L’approche Growth consiste à sélectionner les entreprises qui présentent les meilleures perspectives de croissance au cours des prochaines années tandis que l’approche Value consiste à investir dans des entreprises décotées, c’est-à-dire des sociétés dont le prix de l’action est inférieur à la valeur intrinsèque de l’entreprise. Bien que ces deux approches aient fournis des rendements attractifs dans le passé, l’approche Value nous semble plus intéressante pour les investisseurs individuels car :

  • Les investisseurs individuels ont beaucoup moins de ressources à leur disposition que les investisseurs professionnels pour déterminer les perspectives de croissance d’un secteur ou d’une entreprise. L’approche Growth ne procure donc aucun avantage pour l’investisseur individuel à moins que vous soyez expert dans un secteur spécifique.
  • Parier sur l’avenir et découvrir les prochaines tendances est beaucoup plus difficile que de s’appuyer sur les faits actuels pour savoir si une entreprise est sous-évaluée.
  • En cas de forte correction du marché, l’approche Value est potentiellement plus résiliente que l’approche Growth car les investissements ont été réalisés en prenant une marge de sécurité plus importante que dans le cas d’un investissement Growth.
  • Si on considère les 100 dernières années (horizon suffisamment long avec différentes configurations de marché), l’approche Value a engendré des rendements supérieurs à l’approche Growth. 

Chez Yukoni, nous appliquons l’approche Value sur le segment des Small-Cap afin d’avoir un maximum d’avantage par rapport à la plupart des investisseurs dès le départ. Évidemment, le succès de cette stratégie dépend de la qualité des analyses de l’investisseur. Cela demande beaucoup de temps et de travail mais nous sommes convaincus qu’il s’agit de la meilleure façon d’investir lorsqu’on est un investisseur individuel. Grâce aux articles de Yukoni, vous allez gagner du temps et devenir un meilleur investisseur.

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